Argentine en avril 2005

jeudi, mai 12, 2005

Le Nord de l'Argentine

TUCUMAN

Apres 16 heures de Bus, nous arrivons dans le nord de l'Argentine, ou la terre devient plus arride et les maisons basses et plus simples. Les gens sont de plus en plus types, basanes, cheveux noirs, trapus, bref nous approchons de la Bolivie. Pourtant, la frontiere est encore a plus de 500 km!!! La ville de Tucuman est plutot moderne quoique nettement plus pauvre que Buenos Aires (logique, mais le contraste est marquant, nous ne sommes plus en "Europe" mais bien en Amerique du Sud!). Des 19h, la rue pietonne, quoique sous un ciel menacant, se rempli de monde. Nous visitons la maison ou a ete signee l'independance de l'Argentine, un frais matin de 1816. Puis nous testons une sorte de gauffre a la saucisse, delicieux!

SALTA

Salta est du meme genre de ville que Tucuman, aux rues parfaitement quadrillees (biensur!), avec de belles eglises et une place des armes qui sert de point de repere. Avant 18h, tout est mort, et les magasins n'ouvrent d'ailleurs pas entre 14h et 17h! Le cabildo (= ancienne mairie), sur la place centrale, est une magnifique vieille batisse et nous visitons mollement son petit musee. Nous courons dans tous les sens, et finalement trouvons un cinema pour nous changer les idees. Il faut dire que nous sommes un peu fatigues par les chaudes nuits de Buenos Aires et tristes d'avoir quitte nos amis. Non, decidement, nous manquons de peche, mais ca reviendra des le sur-lendemain, quand nous decouvrirons les merveilles de la Quebrada de Humahuaca! Ouf!

JUJUY

Encore un bus super moderne plus tard, nous nous retrouvons encore plus au nord, a Jujuy. Une ville (au nom imprononcable) que nous trouvons tout de suite bien plus sympathique que les deux precedentes, bien que ce soit encore nettement plus pauvre. Partout, des bars a jeux videos, des rues franchement sales, mais la place centrale est tres belle, avec ses eternels cathedrale et cabildo. Le plaisir du voyage, ce sont aussi les rencontres: A Jujuy, nous passons une excellente soiree avec l'argentin qui tient l'hotel, et des francaises de la meme auberge, qui travaillent ici (la region de la Quebrada de Humahuaca vient d'etre classee au patrimoine mondial de l'UNESCO, il y a du boulot pour developper un tourisme "intelligent" dans la region!). C'etait la derniere "Grande ville" avant longtemps, nous allons maintenant remonter une zone tres sauvage jusqu'a la Bolivie...

LA QUEBRADA: TILCARA

Au nord de Jujuy, la route nationale 9 (en excellent etat, nous somme encore en Argentine meme si les habitants ont completement le type indien-bolivien par ici!) monte doucement dans les montagnes. Nous decouvrons avec stupeur un tout nouveau style de paysages: Tout devient tres sec (tant mieux, il y en avait marre de la pluie!), et nous traversons des paysages de montagnes jaunes-rouges-ocres-blanches-noires dont les couleurs se supperposes en bandes. C'est tout simplement exceptionnel. Ce site s'appelle la Quebrada de Humahuaca. Il y a aussi des cactus gigantesques genre "Lucky Luke", nous sommes en plein Far West!!!D'ailleurs, a propos de "Lucky Luke", les indiens aussi sont au rendez-vous, puisque nous arrivons dans le village de Tilcara, ou vivent uniquement des Quechuans. Ce village, d'une blancheur eclatante, nous seduit immediatement. Des rues desertes de terre, ou la poussiere se balade en tourbillons, des petits cafes adorables en endormis... Nous decidons de camper afin de rentabiliser cette zxtyzxqwxz de tente que nous portons en vue des treks en Bolivie-Perou-Equateur, et allons ensuite voir sur une petite colline pleine de cactus les restes d'un village indien edifie la bien avant l'arrivee des espagnols... Le soir, nous goutons pour la premiere fois au steak de lama.... pas mauvais... cette odeur nous rappelle la Mongolie... . Bon, experience a renouveller les jours ou nous nous sentirons l'estomac particulierement en forme! Premier petit concert de flute de Pan aussi! Arg. Ca nous rappelle le metro parisien. Sauf qu'ici, c'est pour de vrai. Pas de bol, Clementine deteste la flute de Pan, mais il va falloir s'y faire!!!

HUMAHUACA

Second village niche dans ces paysages fantastiques et secs... Nous sommes deja a 3000 m au dessus du niveau de la mer, et la luminosite, tres forte, nous rappelle le ski! C'est superbe! Nous passons l'apres-midi a decouvrir cette toute petite ville, qui a quand meme sa place des armes, son cabildo (!), et meme un monument extraodinaire de l'independance des indiens contre les espagnols! Drole d'ambiance, des bebes-lamas tires par des petites filles ("1 peso la photo!", "ca y est, ca commence, bye bye l'Argentine, bonjour la Bolivie!"), un loto-tombola qui n'en finit pas (pour des prix genre 1 euros en carottes), et une horde de hipies blancs (qui se veulent plus indiens que les Quechuans locaux) qui vendent des colliers en epines de cactus et se font faire des "dreads locks" au soleil.

BUENOS AIRES, et le tango argentin

C'est tout-frais-tout-beaux que nous arrivons dans la capitale d'Argentine, Buenos Aires: Nous avons en effet prit un vol interne de 3h30 depuis El Calafate, en Patagonie tout au sud du pays. (Depuis la France, si on fait le meme nombre d'heures d'avion, on se retrouve facilement au Maroc!!! Mais la, on parcourt a peine un tiers du pays!!!) Nous evitons aussi des milliers de km et plus de 40 heures de bus au milieu de la pampa, pour un prix equivalent. Oui, certes, on adore le bus (a force!) mais la, vraiment, le paysage est parait-il plat et vide, genre: "Tiens, une colline assez pelee!", 6h plus tard: "Tiens, une colline plutot pelee!". Des les premiers instants, Buenos Aires nous plait profondement. Au premier coup d'oeil, cette ville nous rappelle Paris! Biensur, vous allez dire que ce n'est pas tres excitant, ("Pourquoi aller a l'autre bout du monde pour retrouver Paris!"). Mais mettez-vous a notre place: Cela fait des jours et des jours que nous crapahutons dans la boue, montant et demontant notre tente deglinguee, et faisant chauffer de pauvre pates lyophilisees avec notre rechaud chilien... Bref, se retrouver dans une ville si moderne et europeenne, c'est pour nous le paradis. Tout d'abord, nous nous debarassons de nos costumes de joyeux aventuriers: Impossible (!) de se balader dans la ¨Fashion-victime¨ Buenos Aires avec nos pantalons-rangers. Amaury s'achete donc un beau pantalons, nous nous coupons tous les deux les cheveux (et cette fois-ci plus avec des ciseaux a papier), et lavons tout de fond en comble, histoire de ressembler a des humains du 20eme siecle. Ensuite, nous partons a la rencontre des restaurants de la ville. Et quelle rencontre! Nous en avons encore l'oeil humide (!). Depuis 1999-2001, epoque ou le peso argentin a chute, les prix ont tous ete divises par trois. L'Argentine, qui etait auparavant un pays extremement cher pour les voyageurs (un des plus riches de la planete), est ainsi devenu une destination bon marche. En bons francais, nous pensons que la cuisine francaise est une des meilleurs au monde. Et bien a Buenos Aires, nous nous regalons litteralement. C'est fin, c'est beau, c'est bon! Seule difference avec la gastronomie francaise, les "Parillas". Des morceaux de viande a tomber parterre, succulents, enfin bref, de quoi se refaire du sang chaud pour les dix ans a venir! Il existe aussi des restaurant "Tenedor libre", c'est a dire "regale-toi jusqu'a overdose". Des buffets dignes des plus grands restos francais, enfin bon, vous allez croire que nous sommes affames tellement on vous parle de nourriture, donc on s'arrete la. Enfin vous aurez compris qu'a Buenos Aires, nous avons largement compense les eventuelles carences dues aux treks!!!Si nous avons tant aime Buenos Aires, c'est aussi certainement a cause du TANGO ARGENTIN, et du jeune couple de professeurs qui nous l'a enseigne. Nous avions en effet deja pris de cours de Tango a Lausanne il y a 4 ans (sans beaucoup de succes d'ailleurs, heureusement, les temps changent!). C'etait un reve, dont nous parlions deja avant le grand depart, d'apprendre a danser a Buenos Aires. Des le premier soir, nous nous mettons a la recherche de professeurs particuliers. Et c'est dans l'hotel (qui s'appelle "Milonga", c'est un signe!) que la jeune receptionniste nous donne le telephone de nos futurs profs et amis, Fernando y Nayla. Nous prenons avec eux 2h de cours de tango argentin par jour, pendant une semaine. Il faut etre concentres, car nous devons assimiler beaucoup de mouvements (et comme vous le savez, nous n'avons pas travaille depuis longtemps!). Ensuite, tous les soirs, ils nous donnent des adresses de milongas pour aller "pratiquer". Une "Milonga" est en fait une "boite a tango", ou les gens viennent danser jusqu'au petit matin. Chaque lieu, mythique, est ouvert certains soir de la semaine, et nous decouvrons vite les "habitues" qui font la tournee des milongas, au milieu de la foule des danseurs. Chaque lieu a son atmosphere propre, "la confiteria la Ideal" est une salle ancienne et luxieuse avec de lourds lustres (un lustre s'est d'ailleurs decroche sur la piste pendant notre sejour! la cata!), les gens, plus ages, y viennent tres bien habilles. "El beso" est au contraire une milonga moderne, ou les tenues sont plus provocatrices, et les danseurs plus jeunes. Mais les "Porteños" (= habitants de Buenos Aires) sont toujours habilles avec recherche, quelque soit le style. Et ainsi de suite, nous decouvrons tous les soirs une nouvelle boite a tango. Il faut dire que cette danse est une institution ici, et elle n'est dansee que dans la capitale (et en Uruguay, que les argentins considerent d'ailleurs un peu comme une de leurs provinces!!!). Tous les soirs de la semaine, le coeur de la capitale est bonde de gens qui sortent jusqu'a point d'heure. Memes les espagnos sont battus, pour le coup! A 4, 5, 6h du matin, les bus sont encore pleins de fetards de tous les ages. Pour en revenir au Tango, les gens arrivent vers minuit-2h du mat', et les milongas ne desemplissent pas jusqu'a 7h. Chacun ammene ses chaussures de danse dans un petit sac noir en tissus accroche a l'epaule, et les enfile une fois arrive. Talons (tres) hauts pour les dames, chaussures de cuir "pointues", au cuir tres tendre, et parfois decore pour les hommes. Nous n'avons de notre cote que nos grosses chaussures de marche, et il est absoluement mal vu de danser en chaussettes. C'est pourquoi notre prof de danse, Fernando, prend son apres-midi des le 2eme jour pour nous aider a acheter des chaussures de Tango. Et la, c'est le bonheur! Dans une rue specialisee du coeur de la ville, nous faisons un a un les quelques magasins, qui proposent tous les modeles, toutes les tailles, toutes les formes... A tres petits prix pour nos references d'Europeens! Le plus dure, ce n'est pas de trouver des chaussures (cf traumatisme Clementine), mais c'est de choisir!!! Nous repartons avec trois paires de chaussures de tango, fiers comme tout, et ne les utiliserons intensivement tout le reste de la semaine, avant de les renvoyer en France. Mine de rien, nous progressons pas mal, et nous lancons petit a petit au milieu des autres danseurs. La grande difficulte est pour l'homme d'essayer de ne pas rentrer dans les autres couples. Il y a en effet beaucoup de monde qui danse, et avec tous ces tourniquets de talons en l'air, etc, on peut facilement blesser quelqu'un!!! La femme n'a qu'a se laisser guider, c'est beaucoup plus simple. Pour Amaury, ca c'est parfois difficile! Il est vraiment amusant d'observer sur la piste de danse les couple heteroclites qui se forment toutes les trois danses: De tout petits vieux monsieurs tres dignes, dansant avec de jeunes demoiselles deux fois plus grandes qu'eux, des couples dansant ensemble depuis des annees et qui semble vraiment y prendre du plaisir... Tous les soirs, nous rentrons entre 3h et 7h du matin, ce qui decalle evidemment un peu notre rythme de visite de la ville! Malgres ces horaires de fetards, nous parcourons quand meme la ville dans tous les sens, durant les 8 jours de notre sejour a Buenos Aires. Nous traversons de grandes avenues bordees de riches magasins, puis parcs, monuments divers (aux morts de la guerre des iles Falkland, a Evita (Eva Peron), au general San Martin pere de l'independance...), eglises (Bondees suite a la mort du Pape Jean-Paul II: Celui-ci est tres tres apprecie ici car il a empeche dans les annees 70 une guerre entre Argentine et Chili, quand ces deux pays etaient tenus par une dictature militaire). Nous explorons les celebres quartiers de "San Telmo" (coeur de la culture tango de Buenos Aires, genre "la butte aux cailles"), "La Boca" (Un quartier beaucoup plus pauvre, maisons basses tres colorees, pres du port sur la riviere "Rio de la plata", ou se trouve le grand stade de foot pour les fanatiques de l'equipe locale), "Recoleta" et son cimetiere ou dorment ensemble toutes les plus grandes figures de l'histoire argentine (Dont la celebre Evita, dont le corps momifie s'est balade dans le monde entier pendant 20 ans avant d'etre finalement enterre ici, mais c'est une tres longue histoire bien glauque), "Palermo" (equivalent de "Hide park" pour les portenos). Nous passons aussi une excellente journee au musee d'Art Latino-Americain MALBA du 20e siecle (les musees nous manquaient a tous les deux!). Petite pause pour vous parler de cette "icone nationale" qu'etait Evita: Cette femme, Eva Peron, femme du general Peron qui a dirige l'Argentine dans les annees 40-50, etait visiblement tres charismatique. Elle etait tres aimee du peuple car elle venait d'un milieu tres tres pauvre et simple, et etait monte "tout en haut de l'echelle". Elle savait parler aux pauvres, et s'est battue pour les droit de la femme et autres oeuvres de charite. Elle etait quand meme un peu speciale, dans son genre. Elle et son mari etaient des grands amis de Franco en Espagne, et appreciaient beaucoup la facon dont Mussolini s'occupait de l'Italie (Bien bien a droite le general et sa femme!). Et pourtant, le peuple aimait bien Peron, qui par exemple se baladait toujours chemise ouverte et manches remontees, comme quoi il en faut peu pour etre populaire! Pour en revenir a Evita, elle n'aimait tellement pas la ville ou elle avait passe son enfance que cette ville a ete purement et simplement rayee de la carte d'argentine pendant des annees! A cette epoque, on a fait construire une ville censee reprendre le contours du visage d'Evita (a peine orgueilleuse, la bonne-femme!). Il y a encore plein d'histoires comme cela, et les argentins, quand ils en parlent, nous disent que leur histoire recente leur semble parfois etre un roman! A sa mort, Evita a emis le souhait d'etre momifiee (comme Lenine). Son corps, pris en main par l'armee, a ete balade en ville dans une voiture anonyme pendant des jours, avant d'etre envoye en Italie, enterre une dizaine d'annee sous un faux nom, puis deterre, emmene aupres de son mari peron alors en exil en Espagne, remis en etat (mmm!), ramene en Argentine et finalement rendu au peuple. De meme, quand c'est le general Peron qui a ete enterre, c'etait sans ses mains, coupees car elles avaient une sorte de "pouvoir sur la foule". On ne sait pas qui ni ou sont conservees ces mains... Ca demenage, l'histoire en Argentine!!!Sinon, a part ces anecdotes, il faut savoir que les argentins on beaucoup souffert dans les annees 70-80, avec la guerre sale et la dictature militaire de Videla. Nous voyons peu de traces a Buenos Aires de ces terribles evenements, a part quand des argentins nous en parlent spontanement, quand ils nous raccontent leur vie. Les habitants de Buenos Aires sont particulierement agreables, ce qui est etonnant pour une grande ville, et plusieurs fois, dans le bus ou dans la rue, nous avons de longues et riches discutions avec des portenos... Il y a un signe de pauvrete tres choquant a Buenos Aires, qui contraste enormement avec ces riches restaurants et magasins... Ce sont les dizaines d'enfants seuls qui mendient et dorment, tous les soir, sur le trottoir des grandes avenues. Nous avons deja croise ce genre de spectacles et bien pire au cours de ce long voyage, mais la, ce qui est choquant, c'est le contraste avec la richesse en facade de la ville. Petit a petit, nos professeurs de tango argentin, Fernando et Nayla, nous invitent a rentrer de plus en plus dans leur univers. Nous passons finalement le plus clair de notre temps les trois derniers jours avec eux. Ils nous invitent a plusieurs reprises chez leurs parents, un coup chez l'un, un coup chez l'autre, et sont excessivement genereux et adorables. Le soir, nous allons, biensur, danser tous ensemble et denichons meme une milonga avec orchestre de tango en live, et chanteur gomine a la voix pleine de tremolos... Nous partageons des moments innoubliables, en apprenons toujours un peu plus sur la riche culture argentine, et... ne voulons plus partir de Buenos Aires!!! Pourtant, c'est un voyage, il faut bien continuer, d'autres merveilleux endroits nous appellent, mais c'est le coeur vraiment lourd que nous quittons la formidable Buenos Aires. Fernando et Nayla nous emmenent prendre un bus pour le nord, archi-confortable a deux etages (meme en Suisse, ca n'existe pas!!!), et la perspective d'y passer la nuit (encore beaucoup de km en perspective!) nous desole moins que l'idee de quitter nos amis. Vrooouuummm! En route pour de nouvelles aventures!

dimanche, avril 10, 2005

Parc National ‘Los Glaciares’

A quelques heures de bus (decidemment), nous accedons a El Chalten, un petit village qui lui aussi grandi a vu d’œil. El Chalten se trouve dans le parc national ‘Los Glaciares’ et en chemin il nous arrive meme d’apercevoir des gauchos argentin, cowboy locaux. Les montagnes environnant El Chalten se pretent a des randonnees qui compteront pour nous parmis les plus belles. C’estnotre dernier trek en Patagonie et Terre de Feu. Des le premier soir, nous plantons notre tente dans le camping municipal au bout du village. Par chance, le temps est au beau fixe et ne nous quittera plus jusqu'à notre retour dans le village apres le trek. Nous apercevons de nombreux condors tourner autour des pics. En 3 jours, nous marchons, mais cette fois-ci bien moins en nombre d’heures, pour apprecier les vues fantastiques sur le Fitz Roy et le Cerro Torre, deux pics charges d’histoire en matiere de conquete de sommet. D’ailleurs un bon nombre de noms francais reviennent regulierement dans les Andes patagoniennes. Notamment "St exupery", "Poincenot"... grand aviateurs qui ont les premiers achemine le courier par avion au dessus de la cordillaire des andes... Et nous retrouvons des traces d’un certain ‘Lionel Terray’ qui deja avait fait parler de lui lors de notre grand trek au Nepal autour du massif des Annapurnas. Nous passons 4 jours fabuleux avec des vues imprenables sur des glaciers et des lacs de montagnes. Apres 5 treks entrepris entre le Chili et l’Argentine, on peut dire que nous avons bien profite de cette region du continent! Comme nous l'avons deja dit, rien ne remplace de belles images, allez voir le site!!! La parole est d’argent et le silence est d’or! Et la photographie, c’est le platine ???... Retournant a El Calafate, nous prenons un vol pour Buenos Aires, la capitale de l’Argentine et du tango. Nous y sommes depuis deux jours deja. Pour nous, c’est un peu le moment de se decrasser (couper les cheveux, laver a fond tous les vetements), et de mettre de cote le materiel de randonnee... jusqu'à notre arrivee prochaine en Bolivie pour d’autres treks qui nous emmeneront sur les traces des Incas. Buenos Aires nous semble tellement europeenne, nous nous croyons presque a Paris. Nous qui aimons tant la danse…, nous suivons deja des cours particuliers de tango argentin, allons danser dans des milongas (boites a tango), et nous regalons dans des restaurants rafines. cette ville est un vrai delice… mais c'est une autre histoire!

El Calafate

Et encore un bus! Cette fois-ci c’est pour repasser en Argentine et rejoindre un autre parc national, celui de ‘Los Glaciares’ (= les glaciers, encore!). En passant la frontiere, nous remarquons la pancarte erigee par le gouvernement «Los Malvinas son argentinas ». Apparemment la question des iles Falkland suscitent encore quelques controverses! (cf la guerre entre l'Argentine et l'Angleterre dans les annees 80 a propos d'un groupe d'ile situees en plein Atlantique, peuple escenciellement de moutons... quelle idee!!!) El Calafate surgit, comme beaucoup de villes en Patagonie, de nulle part au beau milieu des steppes, apres que nous ayons longuement longe le ‘Lago Argentino’. Quel spectacle de voir ce lac immense bleu turquoise avec la cordillere des Andes en fond. El Calafate nous offre comme d’habitude en Argentine les superbes restaurants de parilla. Nous plantons notre tente dans le jardin d’une auberge afin d’epargner quelques pesos. Les deux raisons principale pour l’expansion rapide de cette ville sont la proximite du magnifique parc national ‘Los Glaciares’ avec le glacier ‘Perito Moreno’, et El Chalten qui donne acces au Mont Fitz Roy et Cerro Torre. Nous suivons donc les fourgons de touristes et choisissons de nous rendre au pied de ce superbe glacier le lendemain. Nous avions eu l’immense chance d’observer ce glacier depuis l’avion lors du vol Puerto Montt a Punta Arenas et maintenant nous allons nous trouver juste en face! Et en effet, a notre arrivee, un monstre de glace s’etend devant nous, emergeant une fois de plus de cet immense champ de glace (Hielo Sur). Ce glacier de 60 metres de hauteur au lac est un des plus actifs et nous pouvons entendre ses craquements et la glace qui romp dans les crevasses. Regulierement, des morceaux de glace tombent dans le lac provoquant de gros fracas et des vagues immenses. Nous sommes vraiment impressiones par cette proximite avec le glacier. Apres quelques heures passes a l’ecouter et a l’observer, nous rentrons emerveilles.

Parc National ‘Torres del Paine’

Suivant les conseils de notre guide de treks, nous choisissons d’entreprendre la marche de 7 jours autour du massif montagneux comprenant les fameuses ‘Torres’ (tours), connut sous le nom de ‘Paine Circuit’. Il faut payer une sacree somme d’argent pour pouvoir entrer dans le parc, mais tant mieux, il y a tant a reparer avec cet incendie! Nous ne perdons pas une minute et entamons la marche vers 11 heures du matin le premier jour, croisant en route des guanacos (ce sont des lamas sauvages). Pour repondre au nombre croissant de visiteurs, le parc contient plusieurs refuges et sites de campings, payant ou non. La plupart des visiteurs entreprennent letrek dit du ‘W’ qui consiste a monter dans les deux vallees respectives et finalement longer le lago Grey pour monter jusqu’au glacier Grey. Notre periple nous fait contourner le massif Paine en montant progressivement jusqu'à arriver au col ‘John Garner’ a 1241 metres. A un moment nous croyons nous envoler, traversant le ‘Paso del viento’ (le col du vent) avec des rafales de vent enormes, nous pouvons nous coucher dans le vent, tellement cela souffle fort. Heureusement il fait plus chaud qu’a Ushuaia et les nuits nous semblent meme agreables. Les moments exceptionnels sont surtout lors de nos passages pres de lacs formes par des glaciers juste au dessus de ceux-ci. Souvent la couleur de l’eau et les blocs de glaces transformes en iceberg en font des paysages magnifiques. Lors du passage du col ‘John Garner’, nous avons droit a une autre vue magnifique. Le glacier Grey (35 metres de hauteur et 5 km de large) qui surgit du champ de glace ‘Hielo Sur’ s’etale devant nous dans toute sa splendeur et s’arrete net dans le lac en creant de gros blocs de glace blanc-bleu qui se retrouvent sur les rives opposees du lac. Au loin, nous ne voyons que de la glace, c’est immense! grand comme une mer, sauf que ce sont une multitude de glaciers! Et nous admirons tout ceci par beau temps, le contraste entre le ciel bleu et la glace est superbe. Un autre highlight sera de se retrouver dans la ‘Valle del Frances’ entoures des superbes pics rocheux de granit. La meilleure facon de comprendre ce periple est peut-etre d’aller directement voir les photos sur internet? Apres environ 125 km de marche, nous sommes contents de retourner en bus vers Puerto Natales le soir du 7eme jour (oui, il faut dire que nous avons vraiment marche vite malgres ces sacs enormes!!!). De retour a Puerto Natales, nous allons a la messe de Pâques puis nous nous preparons un succulent dejeuner en incluant tout ce que nous revions de manger pendant le trek (en fait, c'est simple! Des oeufs, yahourt, viande! La meilleure facon d'apprecier les choses les plus simples, c'est d'en etre prive quelques jours!!!)

Puerto Natales

Et rebelote, encore 12 heures de bus pour retourner a Punta Arenas, puis 5 heures de plus pour arriver a Puerto Natales qui se trouve a nouveau au Chili. Cette ville est la porte d’entree pour le fameux parc national ‘Torres del Paine’. Comme une partie du parc a ete detruit par un incendie alors que nous etions a Santiago (un rechaud renverse et hop, des centaines d’hectares partent en flammes), nous nous renseignons d’abord sur la possibilite d’entreprendre le trek que nous avions prevu, le grand tour du massif. Nous apprenons que tout est ouvert et accessible, ouf! Cette fois-ci, nous n’avons qu’un petit supermarche a disposition pour preparer les victuailles necessaires du trek en prevision, mais nous nous debrouillons comme nous pouvons entre la puree et les pates, le fromage et le parmesan…. Le tout pour 11 jours de nourriture! Car nous devons prevoir les "side trips" et autre mauvais temps qui nous bloquerait en montagne. En somme, la ville n’est pas tres attrayante et nous passons un peu de temps sur internet a la recherche de postes d’ingenieurs ou d’eventuelles places de doctorat. Et oui, tout doucement, nous commencons nos recherches en prevision du retour vers l’Europe. Le lendemain de notre arrivee, un bus vient nous chercher pour nous emmener avec d’autres touristes jusqu’au parc national...

Parc National ‘Tierra del Fuego'

Le taxi nous emmene jusqu’au debut de notre ballade, enfin c’est ce que nous croyions! Au bout d’une heure de marche, nous realisons que rien ne correspond avec la carte et nos previsions. Nous rebroussons chemin et on nous indique une autre route, le taxi s’etait trompe de vallee, merci bien! Nous poursuivons donc avec confiance cette fois-ci notre route a travers une tourbiere (= tres tres humide, ce detail est important pour la suite). Mais nous n’avions pas prevu les chiens. C’est a dire que nous nous trouvons en Argentine ou des fermes et des ranchs se succedent et de bon gros jolis enormes chiens, mangeurs d’hommes, nous attendent au tournant. Les fermiers en passant nous conseillent de prendre un solide baton pour les faire fuir, car parait-il, ils mordent. Trop c’est trop et apres quelques frayeurs assez concretes, nous faisons de l’auto-stop et un charmant couple nous fait traverser cette zone dangeureuse. Premiere journee, pas de chance, nous la passons a chercher notre chemin non balise a travers une foret plus que vierge et des marecages. Nous laissons donc tomber l’acces au glacier que nous avions prevu d'atteindre, et campons pres de la tourbiere. Reveilles par des chevaux galoppant pres de la tente, nous sommes decides a poursuivre le trek malgres cette premiere journee difficile. Les 3 prochains jours se passent sans problemes (on se muscle les jambettes avec le passage d'un col tout pele!) et nous sommes surpris par la beaute du paysage, des couleurs des lacs et des vues sur le canal Beagle au loin. Les nuits sont super froides et l’achat d’un sac de couchage en polaire pour remplir le premier etait une bonne idee. De retour a Ushuaia, nous passons une journee entiere a flaner en ville et a visiter un petit musee sur la region, et les anciens groupes indiens qui vivaient la ... tout nus, ils devaient vraiment avoir froid!

Ushuaia

12 heures de bus et pas mal de lecture plus tard, apres avoir pu observer les nombreux puits de petrole et les autruches en liberte ainsi que des moutons par milliers, nous arrivons de nuit a Ushuaia, en Argentine. Cette fois-ci, nous sommes dans la region ‘Tierra del Fuego’, une immense ile en forme de triangle dans le prolongement du continent americain et de la Patagonie, tout en bas si vous regardez sur une carte. C’est un endroit mythique tout de meme, et la ville a une allure certaine de station de ski! Et bien que le gourvenement argentin presente partout Ushuaia comme etant ‘le bout du monde’, un ferry (a 100 USD aller-simple !) permettrait en theorie de rejoindre Puerto Williams encore quelques km plus au Sud, de l’autre cote du canal Beagle. Apres avoir traverse des paysages de steppe aride durant les 12 heures de bus en Patagonie, la fin de la cordillere des Andes resurgit a nouveau dans l'ile de terre de feu. Ushuaia est apparemment une ville en pleine expansion, touristique, et ou l'on mange et dort bien. Les magasins de souvenirs et de materiel de montagne s’alignent dans le centre ville tandis que nous nous interessons plutot aux fameuses parillas (= ENORMES grillades de viande argentine) que nous degustons pour la premiere fois (en fait, nous nous gavons plutot). Ces restaurants, dans lesquels on fait griller derriere un comptoir des moutons entiers, et ou les plats apportes debordent de viande, sont extraordinaires! Nous nous regalons ici pour trois fois rien, c’est meme moins cher qu’au Chili ! Nous trouvons une auberge super sympa ou s’entassent des voyageurs du monde entier (genre dortoirs ou on n'a pas la place de poser un doigt de pied, mais ou les bieres coulent a flot dans la chaleureuse salle commune). Les sacs sont fin prets pour le trek que nous prevoyons de faire (malgres le foid, gla gla!). Nous passons a l’office de tourisme pour nous inscrire et acheter une carte detaillee de la region du trek de 4 jours qui se situe derriere la ville d'Ushuaia, dans le parc national ‘Tierra del Fuego’.

Punta Arenas

7.30 du matin, nous arrivons bien trop en avance pour le check-in electronique. Mais patiemment, nous observons le soleil qui commence a illuminer toute la region et le ciel qui se degage. La carte a la main durant les 2 heures 30 de vol, nous sommes scotches a la fenetre. Pour nous, un des plus beaux vols de notre voyage commence. (d’accord, le survol de la chaine de l’Himalaya de Kathmandou a Delhi valait aussi la peine). Au fur et a mesure, le pilote decrit dans le haut-parleur le paysage qui defile sous nos yeux avec les deux ‘champs’ de glace les plus importants du monde (Hielo Norte et Hielo Sur), les parcs nationaux si reputes comme ‘Torres del Paine’ et ses pics grandioses, les glaciers qui defilent terminant dans des lacs geant comme le Perito Moreno dans le Lago Argentino. Le parc national ‘Los Glaciares’ avec le Fitz Roy et le Cerro Torre sont egalement bien visible. Ce vol aura ete pour nous de toute beaute.Nous voici arrives en Patagonie, cette terre est comme nous nous l'imaginions. Il fait frais et sec et un vent assez violent souffle a la sortie de l’aeroport. Le petit quart d’heure en bus qui nous separe de la ville nous montre des espaces immenses, une nature tres aride, et en soiree une luminosite exceptionnelle. Punta Arenas, une destination bien lointaine et pourtant nous y sommes enfin! Incroyable de savoir que nous nous trouvons dans la XIIeme region du Chili, appelee ‘Magellan et Antartique’. Notre but est en fait de poursuivre notre voyage encore plus vers le Sud. La ville de Punta Arenas, situee au bord du detroit de Magellan, nous sert de point d’approvisionnement pour le prochain trek que nous planifions en ‘Terre de Feu’. C’est une ville comme toutes les autres en Patagonie, cad un quadrillage parfait, et on se repere en nombres de "quadras". Ainsi, des qu’on demande une direction, on nous dit par exemple de continuer 2 carres et demi vers la droite puis 5 carres vers la gauche, c’est ultra simple en fait ! Un petit tour au musee de la marine nous fait realiser l’importance du detroit de Magellan et nous donne un petit apercu des nombreuses aventures des explorateurs europeens venu conquerir cette partie du continent. En se baladant le long de ce qui ressemble a une plage, nous apercevons meme des dauphins sautant dans les vagues! Charges avec nos butagaz, les pates liophilysees, le fromage, saucisson, les soupes en poudres, etc. pour notre trek, nous prenons un bus pour Ushuaia le lendemain meme de notre arrivee.